Le mensonge du harcèlement : pourquoi la politique anti-harcèlement de votre école aggrave la situation
- 18 janv.
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Dernière mise à jour : 20 janv.

Vous avez la politique. Elle est dans le livret, sur le site web, signée en début d’année. Vous avez le système de signalement, les assemblées, les engagements. Vous enquêtez, vous sanctionnez, vous médiez.
Et pourtant, cela persiste. L’exclusion discrète. Les campagnes chuchotées. La peur dans les yeux d’un enfant le dimanche soir. Vous n’échouez pas par manque d’efforts. Vous échouez à cause d’un malentendu fondamental — et inconfortable:
Le harcèlement n’est pas un problème de comportement à gérer. C’est un symptôme culturel à diagnostiquer.
L’approche traditionnelle — voir, arrêter, punir — n’est pas seulement inefficace. Elle est souvent iatrogène. Comme un médicament qui aggrave la maladie, elle traite l’éruption visible tout en ignorant l’infection systémique, laissant la communauté plus malade et plus méfiante qu’auparavant.
Pourquoi le modèle « Stop, Bloque, Signale » s’effondre (et brise la confiance)
Ce modèle repose sur une fiction : le harcèlement serait un événement discret et anormal entre un « mauvais » acteur et une victime, qu’une autorité tierce pourrait résoudre. Cette fiction engendre trois effets toxiques :
1. Elle transforme l’école en tribunal
L’accent se déplace de la guérison vers la collecte de preuves. La victime doit « prouver » sa souffrance, souvent en se retraumatisant. L’accusé apprend à devenir plus discret, pas meilleur. Les témoins silencieux apprennent que le conflit mène à la punition, pas à la résolution — ils se replient donc encore davantage dans le silence. La communauté se fracture en plaignants et en défendeurs.
2. Elle externalise la responsabilité morale
En faisant de l’adulte l’unique arbitre de la justice, nous enseignons aux enfants que la sécurité est un service fourni par l’école, et non une culture qu’ils co-construisent. Le message devient : « Vous n’êtes pas responsables du climat ici ; signalez simplement les “mauvaises personnes”. » Cela crée une communauté passive et dépendante, totalement démunie face aux écosystèmes sociaux complexes de la vie au-delà de l’école.
3. Elle traite le symptôme, pas l’écologie
Le harcèlement n’est pas la maladie racine ; c’est la fièvre. La maladie est un écosystème relationnel devenu prédateur. Cet écosystème se construit sur des hiérarchies tacites, des cruautés tolérées, des statuts sociaux fragiles et — plus accablant encore — l’absence d’un but commun positif et mobilisateur. Punir un harceleur ne change en rien l’eau dans laquelle il a appris à nager.
Le moteur invisible du harcèlement : la culture adulte
On ne peut pas attendre d’une école qu’elle ait une culture enfant saine si sa culture adulte est toxique. Le harcèlement entre enfants est souvent une imitation parfaite des dynamiques relationnelles que les adultes modélisent. C’est un curriculum de l’ombre.
Comment les adultes gèrent-ils le désaccord ? Par le dialogue respectueux ou par les griefs murmurés et les jeux de pouvoir ?
Comment l’erreur des adultes est-elle traitée ? Par le blâme et la honte, ou par la curiosité et une attention portée à la réparation ?
Où se situe le pouvoir social parmi le personnel ? Chez les plus charismatiques, les plus conformes, ou les plus bienveillants et compétents ?
Les enfants sont d’excellents anthropologues. Ils observent et reproduisent le décor invisible d’autorité, de conflit et d’appartenance que les adultes ont construit. Une « assemblée anti-harcèlement » devient un bruit de fond face à la leçon quotidienne, puissante, de la manière dont la communauté fonctionne réellement.
L’approche MORIM : du contrôle des symptômes à la culture d’un écosystème
Nous ne proposons pas un nouveau programme anti-harcèlement. Nous proposons un nouveau système d’exploitation pour l’ensemble de la communauté scolaire. Notre travail repose sur un principe radical : le seul antidote durable à un système social toxique est un système sain, cohérent et porteur de sens.
C’est l’écosystème intégré de la Pédagogie du Cœur et de la Présence™. Nous passons de la gestion des incidents à l’ingénierie de la résilience à travers trois couches interconnectées :
1. Fortifier la posture individuelle (Le métier du praticien)
Nous formons chaque adulte — enseignants, assistants, personnels administratifs — à la compétence non négociable de l’Autorité Relationnelle. Ce n’est pas le contrôle. C’est la capacité calme et claire de tenir un espace où la dignité est inaltérable. Un adulte doté de cette présence ne se contente pas d’arrêter une remarque blessante ; il rend l’idée même de la formuler incongrue et vaine. Il devient un bâtisseur de refuge, pas seulement un arbitre de conflit.
2. Reconfigurer le cadre social (La classe et la culture de l’école)
Nous accompagnons l’école dans la co-création de sa Constitution de Présence — un contrat social vivant. Les élèves n’apprennent pas seulement des règles ; ils s’engagent dans un travail profond : De quoi avons-nous besoin pour nous sentir en sécurité, respectés et capables d’apprendre ici ?Cela déplace la responsabilité du climat de la figure d’autorité vers la citoyenneté. Une transgression n’est plus seulement « enfreindre une règle », mais « rompre notre parole les uns envers les autres ». La communauté elle-même devient la première gardienne de sa propre santé.
3. Rendre visibles les dynamiques invisibles (Le Heart Audit™)
Notre Heart Audit™ ne compte pas les incidents de harcèlement. Il cartographie les courants relationnels et émotionnels de l’école. Par l’observation et des échanges confidentiels, nous identifions :
Les dynamiques de pouvoir cachées au sein et entre les groupes de pairs.
Les « zones de risque social » (physiques et psychologiques) où la dignité est la plus fragile.
L’alignement — ou l’écart dévastateur — entre les valeurs proclamées par les adultes et leurs pratiques relationnelles quotidiennes vécues.
Nous fournissons un rapport diagnostique détaillé qui montre non pas si le harcèlement a lieu, mais pourquoi et comment l’écosystème le permet.
Le résultat : d’une culture de la peur à une culture de l’appartenance
L’objectif n’est pas une école sans conflit. C’est une illusion de cimetière. L’objectif est une école avec des conflits de haute qualité — où les désaccords sont traversés avec compétence, où la réparation est attendue, et où le pouvoir social provient de la contribution, pas de la contrainte.
Dans cet écosystème, le harcèlement n’est pas tant puni qu’il est rendu obsolète. Il devient une stratégie inadaptée et inutile dans un environnement social qui offre des monnaies plus riches et plus gratifiantes : le respect, la contribution et le but partagé.
Ce n’est pas une solution rapide. C’est une solution profonde. Elle demande davantage aux dirigeants, aux enseignants et aux élèves. Elle leur demande de passer du statut de consommateurs de sécurité à celui de bâtisseurs de sécurité.
Mais considérez le coût de l’alternative : une nouvelle génération d’enfants qui apprennent que la communauté est un lieu dangereux, à négocier par la peur, et que l’autorité est là pour punir, pas pour autonomiser.
Le harcèlement cessera lorsque l’école deviendra un lieu où il n’aura plus de sens d’exister. Votre communauté gère-t-elle des symptômes ou cultive-t-elle la santé ? Le MORIM Heart Audit™ fournit la carte diagnostique. Notre parcours de Praticien Certifié fournit les outils. Ensemble, nous construisons des écosystèmes où l’appartenance est la règle, pas l’exception. Commençons la transformation.

